Du réalisme au symbolisme

Né à Namur en 1833, Félicien Rops commence par la caricature, la lithographie politique et l'observation des mœurs. Ses séjours parisiens et son activité d'illustrateur le rapprochent des écrivains et éditeurs qui contestent la morale officielle du Second Empire.

Vers la fin des années 1870, son travail s'oriente vers l'allégorie et le symbolisme. Pornocratès, La Tentation de saint Antoine et la série des Dames au pantin installent un vocabulaire où le désir, l'argent, la domination et la mort se répondent.

Satan en contemporain

Chez Rops, le diable porte souvent les vêtements du dix-neuvième siècle. Il devient dandy, observateur, paysan ou partenaire d'une scène érotique. Cette proximité retire au démon une partie de sa distance théologique et le replace dans les hypocrisies de la société moderne.

Les Sataniques et les illustrations des Diaboliques de Barbey d'Aurevilly associent sensualité et morbidité. La provocation sert une vision critique de la bourgeoisie, de la censure et du partage artificiel entre les instincts et la respectabilité.

Une œuvre à lire dans son époque

Les images de Rops reproduisent aussi les fantasmes misogynes de la fin du siècle, en particulier la figure de la femme fatale qui domine l'homme tout en restant liée au diable. Leur violence symbolique demande une lecture historique attentive.

Réduire Rops à un illustrateur satanique efface sa pratique de la gravure, sa satire sociale, ses paysages et son dialogue avec la littérature. Le scandale appartient à son œuvre, sans l'épuiser.

Références